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Petite histoire du portrait*
Les premiers portraits connus remontent aux époques romaine et ptoléméenne, dans lesquelles sculptures et portraits peints entretiennent le culte des ancêtres et le souvenir des grands hommes. Jusqu’à la fin du Moyen Age, c’est encore ce rôle de conservation de l’image du disparu ou du défunt que remplit le portrait et ce n’est qu’à la Renaissance, lorsque l’humain se place au centre de préoccupations nouvelles, que le portrait devient réellement un des genres privillégiés des artistes. Il est cependant sous-estimé par les théoriciens, l’Académie formé sous Louis XIV lui préférant le tableau historique : une tendance « officielle » qui perdurera jusqu’à l’époque de Napoléon III !
Pourtant dès la fin du 18ème siècle, le portrait devient un genre à la mode, qui ne se limite pas à la célébration des grands de ce monde : bourgeois posant dans leurs intérieurs cossus, artistes, familles entières se font portraiturés pour marquer leur statut social… et passer à la postérité ! Car le portrait se place « à l’articulation de l’individu et de la société »**
Avec la naissance de la photographie, on aurait pu craindre la disparition du portrait en peinture. Mais c’était sans compter avec cette conscience que le portrait ne se soumet pas nécessairement à un « impératif de ressemblance », une reproduction parfaite du réel objectif, car il y a dans le portrait une charge émotionnelle, psychologique, sociale, subjective aussi – l’œil du peintre sur son modèle, ce qu’il choisit d’en dire qui l’en éloigne irréductiblement. Que l’on se souvienne du fameux portrait peu flatteur de Monsieur Bertin par Ingres, de ceux que Picasso fit de ses nombreuses compagnes, ou de ceux, toujours poignants, de ses amis par Francis Bacon.
Il y a toujours « plus » à dire avec un portrait. D’où l’intérêt pour le portrait aujourd’hui, qui donne à voir la personne autrement et au-delà de sa simple physionomie.
Marie Deparis, septembre 2007
* Le terme de portrait s’impose dans son acceptation moderne au 16ème siècle : « représentation picturale d’une personne, de son buste ou de son visage » (1538) – Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d’Alain Rey, Paris, Le Robert, 1992.
** Philippe Arbaizer, catalogue de l’exposition « Portraits, singulier pluriel », ED. Mazan/BNF, 1997
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